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"Regrets, remords, repentirs, ce sont des joies de naguère, vues de dos. Je n’aime pas regarder en arrière, et j’abandonne au loin mon passé comme l’oiseau, pour s’envoler, quitte son ombre. Ah, Michel, toute joie nous attend toujours, mais veut toujours trouver la couche vide, être la seule, et qu’on arrive à elle comme un veuf. — Ah ! Michel, toute joie est pareille à cette manne du désert qui se corrompt d’un jour à l’autre ; elle est pareille à l’eau de la source Amélès qui, raconte Platon, ne se pouvait garder dans aucun vase… Que chaque instant emporte tout ce qu’il avait apporté."
Acquiescement d’Oriane (crayon vert) : je me sens toujours très proche de Gide et je pourrais être son immoraliste. Son texte est un peu lyrique mais, ceci mis à part (j’aurais personnellement supprimer la deuxième moitié de cet extrait), c’est ainsi que l’on peut me peindre.
Note de Marc Hodges : il y a dans les carnets d’Oriane, quelques textes comme celui-ci, dont elle accompagne le titre d’un mot (un mot-clef ?) comme si elle voulait signaler précisément pourquoi elle avait recopié ce passage précis.
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